Parcours d’un gestionnaire de copropriété de la France au Canada : épisode 1

Voici une nouvelle rubrique dans laquelle nous vous proposons de suivre l’aventure de Nassim Martin, gestionnaire copropriété qui quitte la France pour s’installer aller faire de la copropriété au Canada. Actuellement, il prépare son départ. Quand il aura un peu d’expérience au Canada, il nous donnera de ses nouvelles.

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Le métier de gestionnaire de copropriété est assez méconnu. En tout cas, il y a quelques années de cela, je ne le connaissais pas et personne dans mon entourage ne le connaissait. Bien qu’étant propriétaire sur Paris, mon syndic me paraissait être une petite structure familiale tranquille dans laquelle chaque jour se ressemblait inlassablement.

Ça, c’était avant. Avant que ma vie personnelle et professionnelle prenne un tournant quasi simultané et me fasse rentrer insidieusement dans le monde de l’immobilier.

En effet, mon tendre appartement parisien est devenu assez rapidement trop petit à mon gout. J’ai donc mis une annonce en ligne pour le louer. Evidemment, je ne savais pas quel loyer indiquer (l’encadrement des loyers n’existait pas), combien de visites du logement je devais programmer, quoi dire au locataires potentiels pendant et après la visite ? comment juger un dossier au détriment d’un autre ? Bref, j’ai avisé comme j’ai pu et tout s’est bien passé.

Coté professionnel, mon boulot ne me satisfaisait plus. Au fil de rencontres, j’avais eu la possibilité de faire de la gestion de patrimoines privés. Bien sûr, je n’avais aucune qualification scolaire pour cela. Mon ticket gagnant était le fait d’avoir fait reconnaître mon sérieux et ma volonté insatiable d’apprendre.

Très vite, je me suis retrouvé à devoir faire des achats et des ventes de biens. J’arrivais chez les notaires ne sachant pas vraiment ce que j’y faisais. Leur jargon était indigeste et la lecture des actes s’apparentait à celle de hiéroglyphes.  Je pensais que c’était fait exprès pour que personne ne comprenne ce qui s’y passe : une sorte de complot notariale.

Au fur et à mesure, le passage chez le notaire est devenu une formalité intelligible par le commun des mortels. Et ce, d’autant plus que j’étais de plus en plus à l’origine des transactions. Je sélectionnais les biens à potentiels, je les achetais et je m’occupais de la gestion de A à Z. Je coordonnais les différents corps d’état du bâtiment pour rénover les appartements et je cherchais par la suite des locataires solvables dont je m’occupais jusqu’à la fin de leur bail.

Mon rythme de vie était très soutenu. Tout allait bien. J’aimais le dynamisme de ce métier.  Naturellement, je me suis dit qu’il serait intéressant d’avoir un diplôme correspondant à ce que je faisais. Je pensais que cela m’ouvrirait certainement plus d’opportunités dans l’avenir.

C’est alors que je suis rentré à l’ESPI pour y faire un cursus ultra intensif pour obtenir un Bachelor de gestion immobilière en 1 an.  J’ai donc mis ma vie de gestionnaire de patrimoine privé en stand-by.

C’est à l’ESPI que j’ai découvert le métier de gestionnaire de syndic. Tout ce que j’apprenais résonnait avec mes aspirations professionnelles. J’avais trouvé le métier idéal.  Pour m’en assurer, il convenait de parfaire mon éducation par la pratique. Et, l’ESPI prévoyait justement un stage complet chez l’une des grandes enseignes de l’immobilier. Pour mon cas, ça a été FONCIA.

Dès mon arrivée en agence, j’ai demandé à faire que de la copropriété. Evidemment, ce n’était pas moi qui décidait. J’ai donc dû passer par les différents pôles au sein d’une agence. Par exemple j’ai fait de la comptabilité et de la gestion locative. Et au final ce n’était pas plus mal. La comptabilité est nécessaire pour connaître le travail des comptables et savoir comment gérer ses immeubles. En ce qui concerne la gestion locative, c’était du déjà vécu. C’était bien mais je voulais plus. M’occuper d’immeubles me semblait la phase supérieure.

Le jour où j’ai été mis au pôle copropriété, j’ai su que c’était ma place. C’était une évidence.

La théorie devenait pratique. Très vite, un poste s’est libéré et il était pour moi. J’ai validé mon examen et j’ai enchaîné avec mon métier de gestionnaire de copropriété.

La copropriété est un univers particulier où chaque jour est diffèrent, surprenant, imprévisible et insaisissable. C’est un métier que l’on ne peut connaître tant qu’on ne le vit pas. On apprend les bases à l’école mais le métier en lui-même ne peut s’apprendre à l’école.  

Etre gestionnaire c’est comme être un jeu de carte. On a plusieurs flèches à notre arc. Il faut être compétent en juridique, en comptabilité, en gestion locative, en bâtiment, en urbanisme, etc.

Il est littéralement impossible de s’ennuyer. En d’autres termes, ma perception du syndic paisible et routinier que j’avais jadis… n’était qu’une belle illusion. Je pense que tout comme moi à l’époque, les propriétaires ne se rendent pas compte de la charge de travail du gestionnaire. Il serait certainement intéressant de promouvoir notre métier et peut être faire naître une passion.

Aujourd’hui, je pousse mes idées de grandeurs encore plus loin, autant dans le propre que dans le figuré. J’ai la possibilité de faire mon métier dans un pays diffèrent.  En effet, SERGIC s’installe au Canada et j’ai décidé de l’accompagner dans cette aventure.

Pourquoi ? D’une part, je suis un inconditionnel de langue anglaise et de l’architecture nord-américaine. D’autre part, ma soif de connaissance est plus forte que moi… insatiable, je vous ai dit.

Ce nouveau départ en tant qu’expatrié sera un nouveau challenge car toutes mes connaissances notamment dans le juridique et le bâtiment sont à revoir complètement. D’autres lois, d’autres façons de faire.

Cela dit, il y a un élément constant qui ne changera pas : le facteur humain.  Que je sois à Paris ou à Montréal, une gestion de copropriété passe avant tout par le relationnel avec les copropriétaires. Pour tout vous dire, je ne m’en fais pas à ce sujet car il est dit que les Canadiens sont de meilleurs copropriétaires que les parisiens.

Mais je ne saurais vous dire, au moment où j’écris, si les rumeurs sont vraies….

Je me souhaite bonne aventure !

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