Table ronde : l’évolution des métiers de l’immobilier

Voici le podcast d’une table ronde organisée par radio-immo avec Romain Dutrieux, notre Délégué Nord, sur l’évolution des métiers de l’immobilier

Table ronde : Les organes de la copropriété et les futures ordonnances 2/2

Retrouvez ici la table ronde animée par Erick Cala (radio-immo) sur les organes de la copropriété et les futures ordonnances.

A cette table participaient Gilles Frémont, notre Président, et Romain Dutrieux, délégué Nord.

La première partie est accessible ici.

La seconde partie s’écoute en cliquant ci-dessous :

Table ronde : Les organes de la copropriété et les futures ordonnances 1/2

Retrouvez ici la table ronde animée par Erick Cala (radio-immo) sur les organes de la copropriété et les futures ordonnances.

A cette table participaient Gilles Frémont, notre Président, et Romain Dutrieux, délégué Nord.

Voici la première partie

 

Le mot du délégué du Nord : Pourquoi l’ANGC ?

Hier, je m’étais décidé à rentrer plus tôt. J’ai donc passé la porte de mon logement à 19h55 et j’ai pu regarder les informations…

Hier, les informations parlaient du gain sur les fiches de paie du fait de la réduction de la cotisation chômage. Elles présentaient celui réalisé par différents salariés d’une PME.

Hier, j’ai pleuré en voyant que le magasinier et l’employé administratif gagnaient plus que moi en ne bossant que 35h… et je ne parle pas du commercial.
Je venais de recevoir ma fiche de paie pensant qu’ils parlaient en brut. Non ! Ils touchaient 2600 € net par mois, salaire que j’atteins parfois après avoir cumulé de nombreuses soirées d’AG et de CS…

Hier, j’ai donc réalisé qu’il fallait que ça change. Je ne remets pas en cause la qualité de ces personnes. Par contre, je n’oublie pas que j’ai des responsabilités pénales et civiles qui sont inhérentes à ma fonction. Je carbure à environ 60h semaine. Je passe mon temps à subir les soupçons de malhonnêteté, les menaces… et tout ça, je le fais et le subis pour un salaire inférieur à celui d’un magasinier.

Hier, j’ai réalisé que mon implication dans l’ANGC avait tout son sens pour faire bouger les choses.

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Un gestionnaire de copropriétés spécialement révolté aujourd’hui.

Romain Dutrieux, délégué ANGC du Nord

Episode 3 : Qui sont les membres de l’ANGC ?

Romain, 39 ans – Gestionnaire Grands Ensembles

Quand je parle de la Copropriété, je la décris en deux phrases :  la première c’est qu’on y arrive par accident… la seconde : c’est un bateau qui a une voie d’eau, on écope en continu, et quand on revient de congés il faut écoper ce qui ne l’a pas été en notre absence…
Et puis il y a l’ANGC.

  • On arrive à la Copropriété par accident :

Etudiant, je n’avais pas d’idée précise de ce que je voulais faire, j’ai donc été poursuivi par mes études de sciences et de droit pendant 7 ans pour décrocher une licence de droit fiscal et quelques diplômes universitaires sans valeur sur le marché du travail.

N’ayant aucun plan de carrière, j’ai eu l’opportunité d’atterrir dans une entreprise de propreté où j’ai  commencé comme laveur de vitres puis j’ai grimpé les échelons…pour en finir au bout de 3 ans par la quitter avec pertes et fracas…des petits boulots pour manger ensuite…Une rencontre avec un huissier qui cherchait un profil un peu hors norme pour faire du recouvrement.

J’ai passé une année dans les procédures contentieuses, le tribunal, les significations, un an à apprendre les rouages de toutes ces procédures et à enquêter pour identifier les capitaux cachés et/ou le mobilier qui pourraient servir à solder des dossiers, à devenir roublards pour tirer des infos, à créer des contacts avec la Préfecture, la Police, les Impôts, en gros à tisser du réseau.

Un client de l’étude que je connaissais également par notre implication mutuelle dans un club service, Syndic indépendant, cherchait à s’agrandir car il gérait 30 immeubles tout seul sur Amiens et sur Paris. Ne sachant toujours pas à 29 ans ce que je voulais faire de ma vie, j’ai passé une journée avec lui qui s’est terminée par une Assemblée houleuse pour une copropriété de 150 lots où je me suis permis d’intervenir sur des points techniques (en me faisant passer pour un collaborateur) et j’ai kiffé.

J’ai ainsi commencé il y a 10 ans le métier de la copropriété. Nous étions que 2 dans un garage aménagé en bureau dans la campagne amiénoise : 2 téléphones portables, le fax dans le salon de la maison de mon patron, un ordinateur pour 2 et en avant. J’ai fait l’assistant pendant une année puis j’ai commencé les Assemblées, les expertises, les dossiers travaux…

Nous avions des copropriétés sur Paris, Deauville et Amiens. Je gérais principalement celles d’Amiens mais j’intervenais aussi sur Paris, enfin par téléphone car je ne les ai jamais vues : j’avais des plans, je gérais à distance avec les présidents de CS et les entreprises…une forme de Syndic en ligne avant l’heure. Nous faisions tout de A à Z (comptabilité, contentieux, convocations, affranchissement). Tout était fait à l’économie et avec le système D, super formateur mais souvent crevant pour que tout tourne…Même si je n’en ai pas que de très bons souvenirs j’ai été bien formé par un patron qui avait connu les grands groupes. J’avais la base sans avoir lu la loi de 65. Je faisais illusion et le cabinet grossissait. Très vite nous avions 85 copropriétés (1400 lots) en gestion à deux avec, pour rendre service, de la gestion locative pour certains clients. Nous mettions un point d’honneur à ne pas perdre de copropriétés et à démissionner quand nous étions insultés ou quand les relations avec le Conseil Syndical étaient invivables… et ça marchait !

Nous devions nous associer cependant nos relations se dégradaient…l’échéance était à chaque fois repoussée.  Au bout de trois ans, j’ai été contacté par un groupe familial qui cherchait un gestionnaire sur Lille, berceau de ma famille, et j’ai sauté le pas. En deux semaines j’étais engagé et j’y suis arrivé deux mois après.

Le décalage a été violent. Passer de l’artisanal à une pratique plus « professionnelle » n’a pas été si simple. Il y avait des process à respecter, un fonctionnement moins souple. J’ai mis quelques mois à m’y faire et à adapter ma personnalité à ce nouvel environnement. J’ai commencé avec un portefeuille moyen composé de très petites à de très grosses copropriétés et surtout, quel luxe, une assistante, des comptables et des services de soutient au Siège !

J’ai donc du apprendre à bosser en équipe et à déléguer, ce qui était un nouveau challenge. J’ai toujours été un homme de terrain, il fallait aussi que j’apprenne à être au bureau. Avant je n’avais que deux pauvres clients qui passaient à l’agence dans l’année avant, ici je suis en centre ville et ces derniers passent pour un oui ou un non…

J’ai beaucoup appris encore, intégré dans un service Copropriété avec un directeur, deux gestionnaires et trois assistantes. Je me suis fait la main sur des Résidences compliquées, des graves incendies…

J’ai eu des moments de joies et de grands éclats de rire, je suis monté en puissance lors des Assemblée où j’ai compris comment faire mon spectacle mais aussi mes premières mises en concurrence. Il y a eu les doutes, la première agression d’un client dans mon bureau, les désaccord avec une direction, bref la vie d’un gestionnaire.

L’avantage d’être dans un groupe est que vous pouvez évoluer. Au bout de trois ans on m’a proposé de changer d’agence et de reprendre un portefeuille qui avait été un peu secoué. J’ai changé d’agence et je suis reparti à zéro, avec de nouveaux clients, des nouveaux collègues et donc un nouveau challenge.

Deux ans après on m’a proposé de reprendre la gestion de l’une des plus grosses Résidence de la métropole. Le défi : Plus de 600 lots, un budget à 2 millions d’euros. Un atout pour un CV de gestionnaire mais le joyaux de la couronne qu’il ne faut surtout pas perdre. Je ne me pensais pas capable et puis, comme pour le reste, je l’ai fait au feeling et je m’y suis fait. Je gère un village dans la ville. Je suis responsable de tout mais coupable de rien. Je le dis à mes clients : un sacerdoce !

Chemin faisant, le groupe a décidé de regrouper tous ses gros immeubles dans un seul service et depuis le début de l’année je suis le gestionnaire de l’équipe en collaboration avec les assistantes, le visiteur technique et le directeur de l’agence. Nous sommes une équipe d’enfer avec de sacrés caractères et une ambiance du tonnerre. Nous sommes ce qu’il faut pour affronter les tempêtes du métier…l’aventure continue !

  • La Copropriété est un bateau qui a une voie d’eau

C’est mon premier patron qui m’avait donné cette image. Je trouve qu’elle colle bien au métier : nous gérons une chose vivante qui évolue en continu même et surtout quand on ne s’en occupe pas. Je ne peux être tous les jours partout mais, si je ne viens pas voir de temps en temps ce qui s’y passe, il faudra que j’y passe plus de temps à un moment pour rattraper ce qui n’a pas été fait. Cette règle vaut aussi si je pars en congés. Ce qui est rassurant d’un autre côté. Dans la copropriété on ne chôme jamais !

J’aime ce métier pour sa richesse, son exigence et sa profondeur :

  • Richesse :

Je suis un touche à tout et en copropriété vous faites de tout : relation clients, technique, fournisseur, juridique, contentieux, communication, négociation, travaux, etc.

  • Exigence :

Vous gérez une des choses les plus précieuses aux yeux de beaucoup de gens à savoir leur domicile et, accessoirement, une partie de leur porte-monnaie. L’erreur est peu pardonnée, vous n’avez pas un patron, vous avez toute la copropriété qui vous surveille. Elle ne vous pardonne pas un retard exceptionnel d’un prestataire. Elle oublie la fois où vous avez tenté l’impossible pour elle et que ça a marché. Elle oublie les fois où vous êtes intervenu personnellement sur votre temps personnel pour régler un problème d’ascenseur, de chauffage, de télé, etc. en urgence ou réduit les délais d’intervention. Je suis un homme de l’ombre, mon boulot est que tout tourne et que les gens ne se rendent pas forcément compte que quelque chose s’est arrêté.

  • Profondeur :

Si vous traitez les choses en surface, alors vous ne réglerez pas le problème mais seulement ses conséquences. Il faut donc parfois se poser sur un problème et chercher, enquêter, vérifier, venir avec une entreprise, faire un devis, le valider, le défendre en Assemblée, faire les travaux… Ce long processus pour aboutir au résultat escompté devient une grande satisfaction quand vous vous êtes battu. Mais ça peut faire « pschit ! » en cours parce que vous n’avez pas été bon, que l’on ne vous a pas cru ou que la solution trouvée n’était pas la bonne.

L’expérience joue beaucoup dans la manière d’attaquer les questions, la formation initiale aussi mais il faut parfois avoir un regard neuf pour ne pas toujours faire « comme on fait d’habitude »

J’ai trois méthodes que j’applique qui me permettent de survivre au quotidien :

  • La méthode « toile cirée » : il ne faut pas que les choses vous atteignent, la plupart du temps vous n’y êtes pour rien et les gens vous se décharger sur vous, il faut savoir se détacher pour ne pas en souffrir
  • La méthode « Jean-Claude Dusse » : sur un malentendu ça peut marcher, l’aléa peut-être un allié.
  • « La vérité est une question de point de vue » : je pense que tout est dans le titre de cette méthode.

Ces méthodes me sont propres et fonctionnent avec moi. Ne les ayant pas testés avec d’autres gestionnaires, je ne sais pas si elles s’appliquent à tout le monde ou si je suis l’exception.

Nous arrivons à l’éternelle question : « pourquoi j’aime ce métier ? » :

  • J’aime ce métier car j’ai un agenda qui me donne une base de ma semaine mais qui, au final, sera super éloigné de tout ce qui a pu s’y passer.
  • J’aime ce métier car je peux passer du rire aux larmes et réciproquement dans le quart d’heure.
  • J’aime ce métier car il m’a permis d’en apprendre beaucoup sur moi-même et sur ma capacité à agir et à prendre des décisions mais surtout de les assumer.
  • J’aime ce métier car j’ai un savoir que j’aime transmettre aux personnes que nous intégrons dans la société et que j’ai la chance d’accueillir un jour, une semaine et qui auront une autre image des « Syndics » une fois reparties.
  • Enfin j’aime ce métier car je suis un clown raté et que je n’ai rien trouvé de mieux que de faire le spectacle en Assemblée Générale. J’adore ce moment, j’ai fait le job et j’explique ce que j’ai fait et pourquoi je l’ai fait, la plupart du temps j’ai l’adhésion de mon auditoire… et puis des fois le spectacle commence, les joutes verbales s’enchaînent… et on en rigole après ou le lendemain car on a réussi à ne pas se faire bouffer

L’ANGC :

Comme je l’ai expliqué je viens d’un petit cabinet et j’ai intégré un groupe. En gros tout le monde vous explique que le métier de la Copropriété est dur et qu’il n’est pas rémunérateur. Quand vous lisez la presse, tous les ans vous avez des articles pour vous expliquer comment virer votre Syndic ou pour vous expliquer comment soi-disant il vous vole. Mais en fait personne ne nous défend.

Je dis parfois à mes clients que je suis le parasite de la copropriété. Ils pourraient s’autogérer mais ils en sont incapables donc je me greffe pour le faire. En suivant ce raisonnement je ne sers à rien, mais si on n’y regarde de plus près, je suis indispensable. Je gère une partie de leur vie, celle de l’endroit où ils dorment. Quand vous les écoutez, à cause de moi rien de fonctionne. Je dirais plutôt que sans moi rien ne fonctionne.

Il fallait donc qu’une voix s’élève dans la nuit pour expliquer ce que nous faisions et aussi qui nous sommes.

Lors d’une formation, un de nos responsables nous parlé de la Fédération Française des Gestionnaires de Copropriétés Révoltés. J’y suis allé faire un tour en curieux…n’ayant pas formation en droit immobilier je me suis dit que je ne serais que spectateur et puis je me suis rendu compte que je pouvais aider des confrères moins expérimentés grâce  à toutes les situations que j’ai dû affronter.

Et puis il y a des messages de l’ANGC sur la Fédération,  j’ai commencé à m’y intéresser et comme dans le boulot, je me suis pris en main. Je ne sais rien faire mais avec de la bonne volonté, je peux aider. J’ai pris ma voiture et je suis venu à Paris à l’Assemblée Générale (oui je suis un vieux et j’aime encore le contact humain). J’y ai rencontré des personnes qui voulaient changer la vision que les gens et nos employeurs avaient du métier, qui avaient des valeurs proches des miennes. J’ai proposé mon aide et me voilà délégué pour le Nord. Je n’avais aucun mérite j’étais le seul du Nord.

Ils font un boulot de dingue sur la Capitale, moi je mets doucement ma pierre à l’édifice par mes petites actions en local et au sein de mon groupe où mon ancienneté me donne une oreille certaine.

Ensemble nous ferons changer l’image du Syndic pourri et nous redonnerons ses lettres de Noblesse à ce métier.

Nous ne sommes pas des prestataires de service, des politiques. Nous ne cherchons pas à faire plaisir aux gens.

Nous sommes des gestionnaires, nous prenons des décisions et agissons dans l’intérêt des gens, même s’ils ne le comprennent pas toujours. Mais s’ils le comprennent, ils admettront que notre gestion a un prix car il y a des hommes et des femmes derrière, ce qui permettra aussi de discuter de nos salaires et conditions de travail avec nos employeurs.

Je crois que l’ANGC pourra changer tout ça, comme pour tout, si on pousse tous dans le même sens on fera bouger les curseurs…

 

L’apéro de Lille !

N’oubliez pas l’apéro de Lille !!! Notre tout premier dans le Nord.

Venez nombreux découvrir l’association, partager autour du métier, de vos préoccupations.

Merci à Romain Dutrieux, notre délégué nord, de l’avoir organisé.

Retrouvez nous le :

jeudi 18 octobre 2018 à partir de 19h

dans le Noao – 30 rue des Weppes à Lille

Vous pouvez venir sans vous inscrire à l’évènement facebook mais, si jamais vous avez facebook, merci de vous inscrire afin de nous permettre de nous organiser au mieux en cliquant sur le lien suivant.

Merci à Valentin pour ses illustrations d’apéro toujours très réussies.

L’ANGC a rencontré Sergic !

Gilles Frémont, notre Président, et Romain Dutrieux, notre délégué Nord, ont rencontré hier la DRH et la responsable formation du groupe Sergic au siège de la société à Lille.

 

Ils leur ont présenté l’ANGC et nos activités puis discuté longuement du métier de Gestionnaire et de nos projets respectifs.

Les thèmes de l’accès au métier de Gestionnaire de copropriété pour les jeunes, de la formation continue des collaborateurs, et de la qualité de vie au travail ont été partagés avec beaucoup de synergie.

Sergic nous a proposé de participer aux travaux de son futur think tank (laboratoire d’idées ouvert à tous les acteurs de l’immobilier) dans leur nouveau centre Maille’Immo qui accueillera notamment une école, Radio Immo et quelques startups.

Le projet de Charte de l’ANGC a retenu toute leur attention et leur DRH va nous faire un premier retour sur les thèmes de réflexion figurant à la fin de notre enquête. Ces thèmes sont, en effet, le point de départ de notre Charte.

La journée de travail s’est finie par une petite terrasse sur la très belle Grand-place de Lille mais chut !!! 😉

 

romain